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  • Julie Lemaitre

Ma fille , toi qui t'en va devenir une femme...



Ma fille, je suis une femme, je suis ta mère et toi, tu t'en vas devenir une femme...

J'ai envie de te dire tant de choses et en même temps j'ai peur de trop ou de ne pas assez en dire...

D'ailleurs faut-il que je te dise quelque chose ? Ai-je une transmission, une mission particulière à accomplir en temps que mère d'une future femme ? ...

Alors , comme d'habitude, je vais suivre mon instinct et son flux, ce sera imparfait, maladroit, parfois insensé, mais ce sera fait de ce que je suis...

Ce qui est là , au dedans de moi c'est l'envie de te dire que , moi, je me sens mille fois bénie d'être née femme ! J'aime ça, j'aime ça vraiment ! J'aime être entouré de femme, j'aime avoir un corps de femme, j'aime expérimenter les contraintes et les atouts que la féminité m'offre. Je ne dis pas que c'est une expérience facile, loin de là, mais je suis aventureuse et être femme c'est une sacrée aventure.


Je n'ai pas trop aimé la phase de la transformation, de l'adolescence, je me suis beaucoup caché, j'ai mis du temps à aimer mon corps, à oser le regarder et le sentir. J'ai eu peur longtemps. J'ai eu peur des hommes aussi, beaucoup... Je suis faite de tout un tas d'expériences, aucune n'est bonne ou mauvaise, mais toutes constituent la femme que je suis aujourd'hui.

Je voudrais te dire qu'être femme ce n'est pas « être moins », ni être potentiellement oppressé ou victime... Pour moi, une femme détient une puissance infinie, phénoménale. Au même titre que les hommes me diras-tu, mais la notre ne se construit et ne s'exprime pas au même endroit. La nôtre se loge au creux de notre vulnérabilité.


Il n'y a rien à envier aux hommes, mais il n'y a pas non plus à se battre contre eux, ils ne nous ont rien pris. Nous formons avec eux les deux faces de la même pièce. Et quand nous nous unissons eux, nous faisons naître un troisième espace : amour, puissance, enfant, idées... C'est ça qu'on appel, faire l'amour, la sexualité, le sexe,... tous ces mots qui exprime la même chose, mais à différend niveau.

Et si il y a une chose que je veux te dire à propos de ça, c'est que la sexualité n'est pas sale... Elle ne la jamais été et ne le sera jamais. La sexualité est sacrée, et il n'y a là rien de perché, il suffit de la regarder dans les yeux, juste de prendre conscience de ce qu'on fait quand on rentre dans une relation sexuelle et elle devient immédiatement sacrée.Ce qui est dommage, c'est quant on pense que c'est sale ou mal et qu'on s'en détache, qu'on le fait en étant détaché de soi...


La sexualité est un des grands cadeaux qu'on reçoit dans notre vie d'humain , elle est un espace d'expérimentation, de partage et de plaisir immense. C'est légitime et même important d'explorer les plaisirs de ton corps d'abord seuls, de connaître ta vulve, ton vagin, ton clitoris, de les laisser prendre leur place dans ton corps, comme des espaces vivants et joyeux. Je suis toujours halluciné de voir que très tôt et pour quasi chaque enfant, la premier réaction face à un baiser ou l'évocation de la sexualité c'est « pouah, dégueu !! »...

Sache que ça, c'est des veilles construction de nos sociétés qui n'ont plus lieu d'être et que le premier pas à faire pour rencontrer l'autre dans une relations de corps à corps c'est d'oublier cette veille croyance totalement obsolète. Nos corps ne sont pas sales. Tes poils, les pertes blanches, ta salive, le sang qui coulera bientôt de ton utérus chaque mois ne sont pas dégueu ! Pas plus que la terre sous tes pieds ou sous tes ongles, pas plus que les feuilles mortes, la flaque d'eau ou le fruit sur l'arbre. Ils sont la matière dont tu es faite , comme chaque femme humaine sur cette terre. Rien en toi n'est sale...


Se carrésser, se masturber, seul(e) au creux de son intimité, tout le monde le fait, fille, garcon, enfant , adulte. Nous avons tous cette intimité sexuelle, cette sensualité érotique avec nous m^^eme. C'est NORMALE.Ca fait partie d'une santé épanouie. C'est NORMALE . Ca fait partie de nos instncts, de nos besoin primordiaux comme manger, boire, dormir, rire... Evidemment , si on ne se masturbe pas, on ne meurt pas... Mais une part de nous est moins vivante, moins vibrante. Nous sommes des êtres de pulsion et ette pulsion là n'a rien d'anormale ou de mal.

Ma fille, toi qui t'enva devenir une femme, se masturber, c'est parfaitement Normale et très saint.

Lorsque ton corps saignera le sang des règles, c'est qu'il sera rentré complètement dans la temporalité du cycle féminin. La magie et la contrainte parfois d'être femme, c'est que nous sommes rythmés par des cycle. Nous ne sommes pas linéaires et constantes. Comme les saisons, comme les marées, nous sommes changeantes.Tu vas apprendre à te connaître à travers tes différentes saisons, c'est parfois déconcertant, mais sache que dans chaque phase de ton cycle se cache derrière la limite apparente, un trésor caché. Apprendre à s'adapter à cette mouvance, cette cyclicité c'est déjà s'accepter en tant que femme.


Moi j'ai mis du temps à me connaître, je n'avais pas forcément eu d'outil ou d'explication... Aujourd'hui, la connaissance que les femmes ont d'elles est bien meilleure et la parole est encore plus libre, alors profite, cherche expérimente, questionne... On est tellement entouré de femmes belles et inspirantes. Regarde les copies les , questionne-les... va vers ce ui te fais vibrer.


Je me rappelle que tu me disais, mais pourquoi, on a nos règles si tôt, pourquoi mon corps est prêt à avoir des enfants si tôt alors qu'en réalité on n'en a que des années plus tard. Je crois que ton corps n'est pas « que prêt à avoir des enfants » lorsque ton cycle se met en place... Tout simplement parce que ton utérus, tes ovaires, ne sert pas qu’à créer des enfants. Ils sont source d'une nouvelle créativité, une créativité de femme. Mais ça ne veut pas dire que tu quittes l'enfance 'un coup. Tu garderas toujours ce que tu es, l'horizon des possibles s'ouvre autant dans ton corps que dans ton esprit et ce n'est que l'amorce de ce processus, qui à besoin de temps et d'expérimentation pour aboutir... Même si on aboutit jamais vraiment, puisque tu seras toute ta vie en « construction » !


Ma fille, toi qui t'en va devenir une femme... N'oublie jamais ton ventre, n'oublie jamais qu'il est la source de ton instinct, de ta puissance profonde. C'est de là que naîtront tes plus grandes idées, intuition, c'est de là que naîtront tes enfants si tu décides d'en avoir. N'oublie pas ton ventre, n'oublie pas d'être sauvage...

La société dans laquelle on vit à une fâcheuse tendance à vouloir gommer notre animalité, mais nous en avons un besoin farouche pour pouvoir nous sentir entières. Ma fille, je te vois grandir et je trouve ça fabuleux. Quelle grâce que celle d'être ta mère. Je te dis souvent que je trouve que ta plus grande qualité c'est ton intégrité. La même flamme rouge et flamboyante que je sentais quand tu étais un petit pois dans mon ventre, et la même aujourd’hui »hui dans ta présence de jeune fille.


Tu sais rester fidèle à toi même, tu n'as sans doute pas besoin de tous ces mots, tu sais que cette flemme rouge et flamboyante dans ton ventre c'est toi, depuis toujours et pour toujours.

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